Description

Berlingots & Muscadet, ce n'est pas le résumé d'un repas nantais, c'est ce qui fait connaitre Nantes et sa gastronomie.
C'est bien beau, mais il y a plus que ça à voir et gouter dans la ville.

Les bons restos, gargottes et autres boutiques pas toutes cachées mais pas toujours dans la lumière méritent (ou pas) qu'on s'y attarde.
Prenez votre panier, une serviette, c'est bien le minimum à faire, la route pour tout découvrir est longue.




mardi 12 juin 2012

Plongée dans la Mare aux Oiseaux

Plan : 162 Fedrun, 44720 Saint-Joachim, France
Nichée au cœur du marais de Brière, la maison d’Éric Guérin est le reflet d'une inspiration complètement locale, là où la nature et particulièrement les oiseaux sont protégés et mis en valeur.
Si la barque relève autant du folklore que d'un moyen privilégié d'approcher cette nature, je préfère m'aventurer sur les terrains plus balisés d'une cuisine aux accents locaux, qui jouit de plusieurs années de belles expériences et qui ne déçoit que rarement.

C'est justifié, tout sauf déraisonnable et aguicheur. C'est un moment précieux.

Comme le titre l'annonce, la décoration fait la part belle aux oiseaux. Un peu trop peut-être, tant ils sont présents dans une volière, sur les tables et dans tous les accessoires de décoration ou presque. Cela reste d'assez bon goût, mais c'est toujours le même problème, quand on s'en aperçoit, on ne voit plus que ça !

La table
Je trouve les salles très bien arrangées, avec une décoration sympathique et les tables bien mises, comme il se doit, avec un bémol cependant pour le plateau en verra, pas pratique ni très agréable (mais ce sont là des broutilles bien vite oubliées).

Mais on y vient surtout pour le moment passé à plonger dans ses menus aux sonorités locales "Balade en Brière", "Mare aux Oiseaux" ou "Picorons ensemble", autant de projets gustatifs qui ont une vraie identité, et des saveurs pleins les énoncés.


Le service est globalement rapide, et il ne tarde pas à nous présenter les madeleines Harissa, la langouille de porc (issu d'un saucisson de langue de porc, très gouté) ou les petits pains marocains aux herbes fraiches, aux saveurs originales et aux accords plutôt inventifs.

Amuses-Bouche


Sashimi de poisson de roche, sauce griotte

La carte change tous les trois mois et sur le décor de "La Mare aux Oiseaux", les entrées ne musardent pas et ne laissent le choix au voyageur du dimanche que celui du plat. Qu'à cela ne tienne, puisque la purée verte au lait de coco, petits pois, Gambas et Shiitakés fait une entrée sage et presque décousue. Je ne retrouve pas le mélange de saveurs que m'annonce la carte, et si les cuissons sont nickel, seul le bouillon de Shiitakés réveille réellement le palais du gastronome encore endormi. autant le dire de suite, ça a été le plat le moins emballant.

Gambas et purée pois-noix de coco
La seconde entrée est beaucoup plus convaincante, et aussi plus surprenante. Le Poulpe confit au Sésame, Asperges, terre Cacao, Oeuf et pousses de Roquette est une vraie réussite. L'oeuf cuit en basse température vient s'allier très justement avec le poulpe sur un grué de cacao. C'est étonnant, savoureux, les mariages se font dans la douceur, on entendrait presque une cloche au loin.

Confit de poulpe, asperges et grué de cacao
 Revigoré par cette bonne nouvelle, le splats se font en déclinaison locale, tant la dorade cuite au Kombu et son dashi de poulet, que le filet d'agneau avec fondant d'artichauts aux coques et jus de fenouil. Passé la relative déception de voir la dorade accompagnée de riz, il faut se rendre à l'évidence, c'est beau, c'est bon et c'est bien cuisiné. 
La dorade est cuite à la perfection, vraiment, tendre, savoureuse au gout de reviens-y très prononcé. Seul le dashi de poulet traine sa peine dans l'assiette n'y apportant plus une touche de couleur qu'un intérêt gustatif.  
L'agneau (la photo ne lui rend pas hommage) est également bien mis en valeur, assez simplement mais toujours avec une bonne cuisson et une association de saveur qui est le point fort de la maison !

Dorade royale au riz aux herbes

Filet d'agneau au jus de fenouil
Pantagruel n'aurait rien trouvé à redire à ce repas, car les proportions sont justes, faites pour enchainer sans alourdir. C'est donc avec entrain que l'on déguste de surprenant fromage krousti kara et sa vinaigrette caramel beurre salé. Un fromage de vache léger et frais, qui a laissé une très bonne impression à l'amateur de fromage que je suis. Top !

Fromage frais krousti kara, biscuit au blé noir
Pour finir, le dessert, qui peut sembler de trop sur cette farandole de plats, est un contrepoids sucré à toutes les dégustations salées précédentes. Moins d'emphase, de mélanges de saveurs sur ce dernier plat, mais que c'est joli ! (et tous les desserts que nous avons vus jouent sur le même acabit).
Le mélange rhubarbe/fraise/chocolat blanc sera toujours bien reçu chez moi, et cette glace à la menthe !! OH-MON-DIEU ! Un vrai régal, une explosion de saveur fraiche, on a l'impression de croquer un concentré de menthe, végétal et printanier.

Tube Rhubarbe croustillant, cœur Fraise Menthe.
Comme chez tout étoilé, ils sont tarifés à grand coups de massue, le tarif x3 étant la mise à ce niveau de restauration. On arrive quand même à de bonnes surprises, et ce fut notre cas, étant partis sur un blanc fruité, nous avons choisi un Saint Joseph blanc 2010 en biodynamie, un peu alcooleux mais très fruité et qui avait le gros avantage de bien passer sur les entrées, sur la dorade et un peu sur l'agneau. Un choix de compromis, mais la carte vous permettra forcément de trouver un vin dans des prix encore raisonnables. Comptez 40-60€ pour une bouteille  au minimum tout de même.  
A noter le carafage du vin, étonnant pour un blanc, spécialement jeune, mais qui a permis de bien libérer les arômes et d'éviter le côté verdure des vins jeunes.


Avec qui y aller ?  Des gens avec qui fêter une occasion, une fille de la côte pour ne plus lui faire toucher Terre. Tout le monde peut y aller, le service met à l'aise, et le cadre est relaxant.Le guindage reste à la porte. Pas d'empailleurs, par contre, ça ferait mauvais genre !

Où trouver ce petit Paradis ?  De Nantes, prendre la route de Saint-Nazaire, tourner pour suivre le marais au niveau de Trignac, s'enfoncer dans les Terres, c'est à la troisième grue cendrée à gauche.
Pour les GPS :  162 Fedrun, 44720 Saint-Joachim, France.


Le prix d'un moment rare ?  Premier menu à 42€, puis 57, 67 ou 87 selon le nombre de plumes que vous comptez y laisser. A la carte, compter 70€.
Pour un week-end, selon la table, pensez à réserver environ 3 semaines à l'avance. Plus pour une occasion particulière (Fêtes des Mères, Noël, Hannucka, etc)
Salon
Si vous voulez tenter une escapade prolongée, il y a l'hôtel charmant attenant au restaurant, en bordure de canal, au cœur du parc où quelques oiseaux (encore eux) s'égaient en toute tranquillité. Chambres 150-300€, voir les packages disponibles sur leur site.

Terrasse de chambre

Vue du parc arboré
Quand y aller ? Tout de suite si possible, Eric Guérin est vraiment un chef de talent à découvrir. Sinon, tenter le restaurant à l'automne, c'est la saison du gibier !


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